BYP en Trip ou une famille autour du monde

Carnet de voyage «Aquarelle de Chine»

Publié par lan
12:20, 18/03/2010 .. 0 commentaires .. Lien

Vous pouvez trouver mon livre :
Dans toutes les librairies, FNAC
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Aquarelle de chine, QU Lan



Il n’y a pas de petite querelle – Trek Jour 4 – Yendouma

Publié par mag42
01:46, 13/03/2010 .. Publié dans MALI Janvier 2009 .. 0 commentaires .. Lien

Avant que nous nous endormions sur la terrasse, Souley nous abreuve une fois de plus de ces allégories africaines qui attisent ici l’intérêt des jeunes enfants :

 

Deux margouillats se battaient ardemment devant l’entrée d’une petite case en paille, habitée par une vieille dame, qui s’y reposait alors, à l’abri de la chaleur soutenue qui pesait à l’extérieur. Le fils de la maison, parti pour quelques mois à la poursuite d’aventureuses péripéties, confia à son fidèle chien, avant de quitter le pays, la garde du seuil de la maisonnette.

Le chien, outré devant les manières des deux ridicules reptiles, exigea d’eux l’arrêt des hostilités. En vain. Les petites bêtes, qu’il ne pouvait atteindre, sauf à abandonner temporairement son poste de gardien, continuaient à mutuellement se malmener. Il s’adressa alors au coq, implorant son aide. « Sans façon », rétorqua le gallinacé, « je n’ai pas de temps à consacrer à ces futilités ».

Le chien apostropha alors la chèvre et lui fit une requête analogue. « Crois-tu que ma vie est si misérable qu’il me faut résoudre des problèmes de telle envergure ? » se moqua la sale bique dédaigneuse.

 

Le taureau, le mouton et le cheval déclinèrent de même la sollicitation, chacun leur tour, avec suffisance. C’est alors que les margouillats accentuèrent la violence de leur joute, au point de tomber tous deux dans un panier dogon (tressé, à fond carré et à l’ouverture circulaire) rempli de coton. La vannerie, égueulée, chancela, jusqu’à se rapprocher dangereusement du foyer extérieur qui lui noircit tout d’abord les tigelles puis qui l’enflamma totalement alors même que le panier continuait à pirouetter. Bientôt, le feu embrasa l’habitation et la pauvre vielle endormie périt dans l’incendie.

On envoya alors chercher son fils, à cheval, mais le fils ne fut retrouvé que bien loin, l’étalon en mourut d’épuisement. On égorgea le coq pour nourrir l’entourage lors de la veillée funéraire et, comme le veut la tradition, on accomplit enfin les trois sacrifices permettant à l’âme de rejoindre ses ancêtres : un jour après les funérailles la chèvre fut liquidée, une semaine plus tard, ce fut au tour du pauvre mouton, enfin, pour sceller la cérémonie funéraire, 40 jours après le décès, le majestueux taureau fut promptement zigouillé.

 

Il n’y a pas de petite querelle …

 

(NB : je n’ai rien trouvé concernant ces 3 sacrifices dans les quelques descriptions de rites funéraires chez les Dogon que j’ai rapidement parcourues sur le web, en revanche je suis tombée sur la narration de rites similaires chez les Soninké).

 

Après quelques récits de la même veine (sanglants et moralisateurs), repos salvateur sous les étoiles qu’il y a bien longtemps, les femmes décrochaient pour les donner à leurs petits. « Ceux-ci les perçaient d’un fuseau et faisaient tourner ces toupies de feu pour se montrer à eux-mêmes comment fonctionnait le monde ». (Ogotemmêli – Dieu d’eau – M. Griaule).



1kg de thé pour 5 kg de sucre - Trek Jour 4 – Yendouma

Publié par mag42
20:08, 7/03/2010 .. Publié dans MALI Janvier 2009 .. 0 commentaires .. Lien

Ce soir, le gros yucca de Yendouma se détache du ciel rose formant une ombre courbe à quelques pas du campement. Bavardages prolongés qui donnent lieu à une séance de thé, 3 verres rituels bus successivement. Le premier, « amer comme la mort », a un petit goût fielleux qui décape la gorge. Lors du second verre, « bon comme la vie », l’âpreté cède à une douceur légère au grand bonheur de mes papilles, qui ont plutôt coutume de se frotter à des saveurs souples et tendres. Le troisième verre est brusquement très sucré, imbuvable selon certains, parfaitement onctueux en ce qui me concerne, « doux comme l’amour ».



Ca va les bonbons ? Trek Jour 4 –Tiogou - Yendouma

Publié par mag42
14:57, 1/03/2010 .. Publié dans MALI Janvier 2009 .. 0 commentaires .. Lien

Tiogou est une petite merveille. Nous y découvrons deux  cases des femmes menstruées. Considérées impures pendant leurs règles, elles sont contraintes d'y séjourner ; un peu rude tout de même, si ce n’est que cela leur permet d’être dispensées d’un travail souvent coriace.

 

 

Sur la place du village, des enfants miment les cérémonies si célèbres des masques Dogon, le Sigui en particulier, qui a lieu tous les 60 ans (le prochain aura lieu en 2027, prenez date). Cette fête suprême commémore le plus vieil ancêtre ressuscité sous forme de serpent, l’illustre Lébé, créature pourvoyeuse de forces (mais aussi protectrice des placentas, pas de sot métier).

 

Imaginez-vous quelle fut la surprise des hommes qui, trop à l’étroit dans leur bourgade (quelque part dans le pays Mandingue) au point de la quitter pour conquérir l’actuel pays Dogon, tombèrent nez à nez avec ce gros reptile gluant alors qu’ils cherchaient à déterrer les os de leur aîné, que l’on ne pouvait définitivement pas abandonner là.

 

Aujourd’hui encore, on dit que le Lébé vient chaque nuit enduire de sa salive le corps du chef spirituel Hogon, pour l’imprégner de vigueur et de puissance.

 

Les enfants dansent sur la place publique que domine un énorme figuier, au rythme de tam-tam imaginaires et de factices clochettes. En guise de kanagas ou de masques zoomorphes, ils portent des feuilles percées de trous et traversées d’un bâtonnet de bois. Les chimères prennent vie peu à peu, nous entendons les tambours (un bout’ chou de 3 ans à peine qui tape résolument sur une boîte de conserve éventrée) et les petits corps, éclairés par les rais lumineux de la fin de journée, semblent à présent possédés par le dieu-serpent.

 

On a sacrément rigolé. D’autant plus qu’ici les enfants ne vous harcèlent pas de : Ca va les bonbons ? Toubab bidon ? (blanc, donne moi ta bouteille) Toubab le bic ? et autres interpellations qui je vous l’assure, malgré toute votre bonne volonté, vos velléités de compréhension et de discernement, finissent par vous taper sacrément sur le système. Désastreuses conséquences d'actes de touristes qui s’imaginent bien faire alors qu’en réalité ils pervertissent un fragile équilibre. Ne donnez rien directement aux enfants, leurs parents en feront des mendiants et ils se retrouveront à apostropher les toubabs de sobriquets dont ils ne comprennent pas même le sens. Si vous souhaitez aider, passer plutôt par les directeurs d’école, les guides ou les chefs de village (encore que certains principes de redistribution sont parfois discutables). Pas de dentiste à tous les coins de rue en pays Dogon, évitez les distributions de sucreries ...

 

Expérience beaucoup plus délectable ici donc, nous sommes pris d’assaut par nos petits danseurs en herbe mais il s’agit d’une saine curiosité, réciproque par ailleurs.

 

Nous longeons la falaise recouverte d’or pour rentrer à Yendouma, précédés de femmes en file indienne, à la stature droite et farouche, malgré les lourdes charges qui pèsent sur leur crâne. Nous les observons longuement, plongés dans une certaine humilité …



La course à l’échalote - Trek Jour 4 – Yendouma –Tiogou

Publié par mag42
20:41, 26/02/2010 .. Publié dans MALI Janvier 2009 .. 0 commentaires .. Lien

Délicieuse sieste sur le toit du campement à Yendouma. Nous dormirons là ce soir, et partons donc légers pour l’après-midi vers le village de Tiogou, encastré dans un pli de la falaise à 4 km de là.

Au fur et à mesure que nous approchons de la bourgade, la densité des champs verdoyants augmente, et avec elle le contraste surprenant avec la sécheresse alentour. Les jardins sont composés de petits carrés d’un mètre de côté ourlés d’une levée de terre destinée à retenir l’eau. Echalotes et tomates essentiellement. Ces parcelles maraîchères, petits miracles dogon, sont entourées de clôtures faites de tiges de mil, pour décourager chèvres et moutons. Des calebasses, utilisées pour l’arrosage, sont disséminées dans les allées.

 

 

 

 

Nous croisons une stèle phallique sacrée, lieu de libations de bouillies de mil déversée afin de garantir les prochaines récoltes. Celle du mil a été faite en octobre, les tiges sèches recouvrent à présent les tristes champs. « La terre allait attendre pendant toute une saison de vents et de soleil qu’on lui ouvre à nouveau le ventre. On n’entendrait pas avant longtemps les paysans nommer le mil d’après sa hauteur, tout au long d’une croissance anxieusement observée, encouragée par le sang des volailles sur les autels, par les prières infinies, par les précautions compliquées. On n’entendrait pas avant des mois appeler « nez poussé » la première apparition des tigelles, « queue de coq » la première courbure de la feuille caressée par le vent, « mottes cachées » la disparition de la terre sous la verdure, « avale bêtes » les tiges assez hautes pour masquer un mouton. » (M. Griaule)



Foire du Livre de Bruxelles

Publié par lan
22:36, 20/02/2010 .. 0 commentaires .. Lien

Mon livre «Aquarelles de Chine : Jiangnan» sera présenté à la Foire du Livre de Bruxelles.
Je serai présente pendant le week-end du 6 et 7 Mars pour signer mes livres.



La Kola sans coca – Trek Jour 4 - Yendouma

Publié par mag42
12:41, 20/02/2010 .. Publié dans MALI Janvier 2009 .. 0 commentaires .. Lien

 

 

 

Ah … Yendouma et ses petits greniers en équilibre sur des pans rocailleux de guingois …

Nous grimpons, avant le déjeuner, jusqu’à la Toguna, échangeons de longues politesses avec le chef du village à qui nous offrons quelques noix de kola aux vertus aphrodisiaques et antidépressives. Nous sommes très friands de ces litanies polies égrenées au fil de nos rencontres :

 

 

Aga po (Bonjour)

u seewo? (Comment allez-vous ?)

se seewo (Très bien, merci.)

djini seewo? (Comment ça va votre famille?)
seewo (Bien)

yana uwo seewo ? (Comment va la femme ?)

seewo (Bien)
unube sewoïn? (Comment vont vos enfants?)
seewoïn (Bien)

… (tout y passe, les affaires, la maison, les champs et les moutons)

Po – (Merci).

Yah Poo (Merci).

 

 

 

 

Un de ses acolytes tresse une corde à l’aide de fibres d’écorce de baobabs ; en fond sonore, les quolibets des quelques autres vieux qui semblent postés ici depuis des siècles.

Perchés sur un rocher, nous surplombons l’agglutinement des petits chapeaux de sorcière, projetés par Amma de façon erratique entre les maisons. Sur le toit plat des habitations sèchent de petits tas orange ou noirâtres, des graines, probablement du sorgho, du fonio peut-être ? Nous apercevons ça et là des fagots de longs épis couverts de minuscules perles globuleuses, du millet sans doute. Le piton des trois Youga, d’où nous arrivons, s’étire paresseusement au loin. Sourire un peu niais sur ma mine réjouie. Je crois qu’en cet instant, au milieu de ces sages bonshommes, j’ai précisément capté ce que j’étais venu chercher là : le ciel bleu, ces silhouettes hors du temps, et cette distance largement raisonnable avec ce que j’exècre et ce que j’aime à outrance de ma petite vie bourgeoise. Nous sommes restés là, une heure peut-être, scrutant minutieusement ce qui semblait à cette hauteur n’être qu’une maquette, en nous goinfrant de mangues, nos faces fouettées par la brise tiède, et nos muscles bourrés d’acide. Et sacrément heureux d’être là …



Le corbeau et la cuillère à tô -Trek Jour 4 – Youga Piri – Yendouma

Publié par mag42
12:24, 14/02/2010 .. Publié dans MALI Janvier 2009 .. 0 commentaires .. Lien

Les premiers rayons du matin effleurent les petits personnages de bois qui recouvrent la sublime porte sculptée du cagibi dans lequel nous avons dormi. Bien rodés maintenant, nous remballons nos affaires avec une formidable efficacité, même Matthieu et les 28 sachets composant son Karrimor SF (le sac des forces spéciales britanniques, il fallait au moins ça pour s’attaquer aux adversités maliennes) sont sur le qui-vive avec ponctualité, sans doute la toute première fois depuis notre atterrissage à Bamako voilà une semaine.

 

Nous croisons des femmes, un peu farouches, qui pilent le mil. Je voudrais les photographier, capturer leur élégance, leur labeur sans relâche, mais les Dogons n’aiment ni les photos ni les touristes en mal de portraits exotiques qui souvent considèrent leurs villages comme des musées vivants. Et on les comprend …

 

Nous redescendons vers la plaine et entamons la traversée de l’étendue sablonneuse qui nous sépare de la falaise de Bandiagara. La poussière orange que charrient les airs nous polit le visage. Nous sommes à l’affût, guettant le rollier d’Abyssinie, lorsqu’un splendide spécimen nous fait l’honneur d’un petit ballet aérien, exposant avec orgueil son plumage éclatant : essentiellement bleu turquoise, brun-roux sur le dos. Le bout de ses ailes, bleu électrique, est ourlé d’une pointe de noir. Splendide.

 

Un peu plus loin, c’est un corbeau à cou blanc qui nous passe au-dessus, comme un écho aux légendes que Souley nous a contées la veille.

 

 

 

 

Un petit corbeau arrogant, persuadé d’être suffisamment habile pour défier les animaux de la plaine, participait à divers affrontements qu’il perdait systématiquement. Même le délicat kalapo, pas guerrier pour un sou, parvenait à l’humilier lors de leurs joutes [je n’ai trouvé aucune référence au kalapo sur le net, peut-être s’agit-il du kakapo, mais qu’est-ce que le kakapo viendrait-il faire en pays Dogon ??]. Et pourtant, lorsque le petit corbeau rentrait de ses éprouvantes journées, il vantait à sa mère ses propres mérites, lui décrivant de quelle façon il parvenait à distribuer des corrections aux animaux les plus redoutables de l’hostile nature africaine. Hyènes, lions, éléphants pliaient face à sa hardiesse et sa perspicacité. Sa mère ne cessait alors de le récompenser, se privant elle-même de nourriture pour combler le vaillant soldat [bon, quand même bien crédule la mère...]. Débordant de fierté, elle voulut observer les exploits de son intrépide progéniture. Les narrations pompeuses du petit corbeau ne la satisfaisant plus, il lui fallait le voir de ses propres yeux, terrasser les terribles ennemis dont il lui parlait tant. Lorsqu’elle constata que son fils, loin de dominer, se faisait fustiger à longueur de combats, ne remportant pas même le moindre petit duel, elle fulmina. Elle attendit son retour au bercail, se saisit de l’ustensile avec lequel elle fabriquait le tô [bouillie de mil traditionnelle] et le brûla au cou. Les plumes du petit repoussèrent blanches sur sa pauvre nuque, marque indélébile qu’il transmettra à sa descendance, châtiment corporel punissant ses paroles mensongères, un peu notre supplice des plumes et du goudron. Sacrément sévère.

Je regarde attendrie le passereau, finalement bien plus intéressant que son cousin tout noir qui erre fréquemment au dessus des poubelles en lisière de ma forêt meudonnaise.



Le petit chat est mort - Trek Jour 3 – Youga Dogourou – Youga Piri

Publié par mag42
22:22, 6/02/2010 .. Publié dans MALI Janvier 2009 .. 1 commentaires .. Lien

Nous avançons dans le défilé de Youga Dogourou, la faille se resserre, nous enveloppe, abrite dans ses replis les constructions des Tellem, les premiers habitants de la région supplantés par les Dogons. Les ruines troglodytiques de ce peuple, dont la disparition reste encore un mystère, servent de cimetières aux Dogons, les corps de leurs défunts y sont hissés, pour y reposer éternellement, tout proches du ciel. Une brise clémente chargée de passé et de fantômes accompagne notre progression dans l’entonnoir de grès, de plus en plus étroit. Je peux toucher à présent simultanément ses parois gauche et droite. Les constructions Tellem subissent vaillamment les pressions de la pierre, venant du dessous, du dessus et leurs formes cylindriques semblent sur le point d’éclater. De certains greniers, résolus à se plier au bon vouloir de la roche, il ne reste plus qu’un enchevêtrement de briques rouges désordonné.

Pour sortir des entrailles de la falaise, il nous faut nous hisser, parfois aidés d' échelles Dogon, ces troncs, dont l’extrémité fourchue repose sur la pierre et dont les marches étroites ont été taillées à la hache. Nous rejoignons le plateau, qui domine une mer de sable d’où émergent sporadiquement quelques tâches brunes ou vertes. Jusqu’à la ligne d’horizon tout est irrémédiablement plat et monotone, quelques nuages de haute altitude venant ça et là foncer les ocres qui s’étirent à l’infini. Nous restons immobiles, un bon moment, décontenancés par cette vue à la fois majestueuse et décadente, s’ouvrant sur une nature accablée où la vie s’accroche par intermittence et dont la fin semble proche.

Nous marchons quelques centaines de mètres sur la pierre gris-rose, franchissant ses fêlures sur des ponts bricolés, faits de branchages et de brisures de grès. Nous ne retrouvons la végétation que de l’autre côté du piton lorsque nous descendons vers Youga Piri alors à peine discernable, camouflée par les éboulis.

La falaise de ce côté est polie et dorée, éclairée par le soleil déclinant, et semblable à une coulée verticale de boue pâteuse ; un petit air de décor artificiel. Les bogolans sèchent suspendus, les femmes utilisent ici en guise de teinture des décoctions de feuilles d’indigotier, et protègent certaines parties du coton tissé, vouées à rester blanches. Le village semble endormi en cette fin d’après-midi, les moutons mi noirs, mi blancs sont affalés sans élégance aucune et il me tarde d’en faire autant.

Nous arrivons suffisamment tôt au campement pour profiter des dernières minutes de lumière, je prends quelques notes dans mon carnet, vais saluer les voisins et leur cadavre de chat (semble-t-il) qui trône dans le passage qui nous conduit chez eux. Il s’agirait de la demeure du Hogon, le chef religieux, avec qui Matthieu s’entretient un peu, pendant que fièrement je baragouine les quelques bribes de langue Dogon que je maîtrise à présent devant les enfants qui se sont ici regroupés. C’est peut-être mon accent peu convaincant qui les rend hilares, ou mon allure déliquescente, à moins qu’il ne s’agisse de ma tignasse jaune, les longues chevelures blondes étant plutôt peu courantes dans la région. Cela dit, la chevelure en question est dans un état étonnamment proche de celui de la peau du pauvre mammifère que l’on vient de croiser : un amas sec et compact de fibres informes. Je rêve d’un shampoing doux à la camomille suivi d’un soin capillaire réparateur aux 5 huiles essentielles et aux protéines de blé qui nourrissent et restaurent en profondeur …

Je mets fin à mon fantasme lorsque je réalise que l’eau que l’on nous apporte pour notre douche a été péniblement transportée par les femmes du village depuis les puits, tout en bas. Je fais définitivement une croix sur le spa relaxant lorsque je constate que la cabine de douche et les toilettes mixtes ne font qu’un... Je m’asperge à toute vitesse de deux gobelets d’eau après les avoir plongés dans un magnifique seau bleu lagon tout en retenant ma respiration.

 



Aquarelle de Chine : Jiangnan

Publié par lan
20:34, 20/01/2010 .. 0 commentaires .. Lien

Mon premier carnet de voyage "Aquarelle de Chine : Jiangnan" est édité par éditions Sépia et sera publié en mois de mars. Il contient environs 150 aquarelles et 80 pages tout en couleur. Veuillez consulter mon site www.lan-artwork.com pour voir plus d'info.



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